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L’économie locale et l’emploi

Président : Emmanuel DE BOCK
Rapporteurs : Etienne NOEL et Marie-Jeanne RIQUET

1. Introduction:

Pourquoi le MR propose-t-il une stratégie communale dans des domaines comme l’emploi et l’économie?

Ces politiques sont certes au centre de nos priorités. Mais ne relèvent-t-elles finalement pas essentiellement de compétences fédérales et régionales? Comment peut-on prétendre agir efficacement au niveau local alors que l’on sait que l’emploi ne se décrète pas, que le climat économique dépend d’une série de facteurs que l’Etat lui-même ne maîtrise pas?

Nous sommes pourtant convaincus qu’il est possible de mener des politiques efficaces au niveau local. C’est même indispensable.

Pourquoi?

Le MR soutient la stratégie du gouvernement fédéral qui préconise l’émergence d’un Etat social actif. L’Etat providence a en effet montré ses limites. Nous ne souhaitons pas maintenir les citoyens dans un état de dépendance passive. Nous croyons à la capacité de l’homme à se construire un projet de vie et à devenir l’acteur de son propre épanouissement. Concrètement, cela signifie par exemple qu’au lieu de se contenter de verser passivement des allocations de chômage, nous préférons les activer pour fournir un avantage à un employeur potentiel, en favorisant ainsi l’insertion du demandeur d’emploi.

Dans la logique de cet exemple, le rôle de l’Etat et de ses différents niveaux de pouvoir, est d’une part de créer un contexte favorable à l’activation des demandeurs d’emploi, et d’autre part de créer un contexte favorable à l’esprit d’entreprise, car – quoiqu’en disent les socialistes – on n’a encore rien trouvé de mieux pour créer des emplois.

Tous les niveaux de pouvoir sont concernés.

Le Fédéral propose une panoplie d’incitants à l’embauche de demandeurs d’emploi. L’accumulation des mesures est  certes parfois chaotique, au point de décourager les employeurs.   Mais il y a aussi de réels efforts pour rendre le travail plus attractif. Nous pensons par exemple à l’augmentation du revenu net en poche pour les bas salaires, qui permet de limiter des «pièges à l’emploi», c’est-à-dire les situations où il vaut objectivement mieux rester au chômage que d’accepter un emploi. 

La Région par exemple organise un accompagnement des demandeurs d’emploi via l’Orbem, et prétend poursuivre une politique régionale d’emploi. Il faut dire que nos divergences de vue avec les socialistes sur la politique bruxelloise en matière d’emploi et d’économie étaient régulières sous la précédente législature. Sa dernière réforme des lois d’expansion économique  est à peine sèche que déjà son successeur CDH annonce une nouvelle réforme… Nous restons dans l’expectative des nouvelles stratégies.  Le contrat pour l’économie et l’emploi est certes une bonne piste. C’est un consensus utile, mais facile parce qu’il se cantonne à un niveau très général. Que va-t-il en résulter concrètement, par exemple lorsqu’une entreprise sera confrontée à un strict blocage urbanistique?

Le niveau communal quant à lui offre de nombreuses opportunités d’action.  C’est le niveau de pouvoir le plus proche du citoyen. C’est un endroit idéal pour détecter les opportunités locales, donner des impulsions, accompagner tant des demandeurs  que des créateurs d’emploi, et les inviter à se rencontrer.

Il ne s’agit pas de dédoubler des outils, ni de multiplier des initiatives concurrentes entre elles, mais bien de renforcer, de compléter.

Voici quatre exemples de synergies que nous préconisons:

En matière d’emploi: Les synergies entre l’initiative locale d’accompagnement des demandeurs d’emploi et l’Orbem. Nous avons déjà dénoncé le manque de dynamisme de l’Orbem dans l’accompagnement des demandeurs d’emploi. Parmi les lacunes relevées, l’absence de stratégie pour recueillir des offres d’emploi.

Mais soyons de bon compte: la Région bruxelloise compte de nombreux employeurs potentiels. Avec la meilleure volonté du monde l’Orbem ne pourrait pas entretenir des contacts avec chacun d’eux, et doit par conséquent suivre une stratégie basée sur des priorités (ex: entreprises de tels secteurs, occupant plus de 150 personnes,…). Mais c’est au niveau local que l’on est le mieux à même de repérer les entreprises naissantes, nouvellement installées dans la commune ou en pleine extension. De les informer sur les avantages à l’embauche de demandeurs d’emploi, d’organiser des rencontres avec les demandeurs d’emploi de la commune (ex: bourses d’emploi, initiatives de parrainage,…). Ces actions doivent être coordonnées, par exemple par les Missions locales.

En matière d’emplois de proximité: Les communes peuvent résoudre des problèmes locaux grâce aux emplois de proximité: entretien des espaces verts, remise en état des espaces publics (bancs, voirie,..). Cela permet le recrutement de demandeurs d’emploi qui suivent en même temps une formation soit comme stagiaire, soit dans le cadre d’un contrat de travail (éventuellement temporaire) dans le cadre d’un Atelier de formation par le travail.

En matière d’économie: Le même type de constat existe pour l’accompagnement des entreprises naissantes ou en extension: il existe des outils régionaux équipés pour accompagner les grandes entreprises et projets d’envergure. Mais pour le petit indépendant qui s’installe dans la commune, le guichet d’économie locale fournit une assistance personnalisée à deux pas de chez lui. Il peut également aider une PME à s’implanter localement.

En matière de localisation économique:  Dans certains quartiers, l’émergence de Centres d’entreprise, véritables incubateurs de nouveaux projets, leur permet de s’installer «en ville» sans problème environnemental et dans un contexte accompagné. Dès lors que la commune investit dans une telle infrastructure, il nous paraît logique que ces entreprises se fassent accompagner par le guichet d’économie locale en vue d’augmenter leurs chances de réussite (une entreprise naissante a en effet besoin de conseils spécialisés, mais n’a bien souvent  pas d’emblée les moyens de recruter des spécialistes..), et qu’elles collaborent avec la Commune et ses services d’emploi.

En résumé de cette introduction, pour le MR, les initiatives communales en matière d’emploi et d’économie ont un sens dans la mesure où elles peuvent apporter une valeur ajoutée aux politiques menées aux autres niveaux de pouvoir. Ces politiques de proximité peuvent être menées grâce à une série d’outils que nous passons en revue ci-après.

2. Stratégie locale pour les entreprises

2.1 Un bon accueil aux entreprises.

- 2.1.1. de l’espace: le manque d’espace disponible est souvent évoqué. D’où l’importance d’une gestion de l’espace qui organise la mixité des fonctions dans la commune (PPAS).

- 2.2.2. de la mobilité: les plans de circulation, la gestion des parkings, l’accès aux transports en commun,…tous ces outils doivent être coordonnés pour concilier les intérêts des entreprises (accès de leur clients et de leur personnel) avec ceux des riverains (limitation des nuisances).

- 2.2.3. de la médiation; concilier les intérêts économiques,; sociaux et environnementaux n’est pas toujours chose aisée. Reprendre ici le projet de médiation de Schaerbeek?

2.2 Des centres d’entreprise

Contrairement à la stratégie poursuivie par les socialistes qui privilégient le soutien aux centres d’entreprises d’initiative publique, le MR entend soutenir les initiatives tant publiques que privées (ou – pourquoi pas - mixtes). Par ailleurs, le MR souhaite encourager ces initiatives au niveau régional, par des lois d’expansion économique adaptées:

- une prime d’investissement non récupérable
- une intervention annuelle dans les frais de promotion
- une aide annuelle pour rémunérer un responsable et un agent d’exécution

Au niveau communal, il s’agit de susciter l’initiative.

2.3 Des guichets d’économie locale  (G.E.L.)

Ils aident à la création des petites entreprises et à l’installation des indépendants (informations, business plan, introduction auprès des partenaires financiers, etc). Le MR les voit également comme interface entre les entreprises et la commune, ils accompagnent  les projets économiques locaux dans leurs démarches administratives. On connaît les «médiateurs», parlons ici de «facilitateurs». Le MR souhaite qu’une ordonnance régionale soutienne les G.E.L. et permette leur stabilité.

2.4 . Des initiatives d’économie sociale

L’économie sociale est une économie «de proximité», qui constitue un gisement d’emplois «de proximité». Contrairement à ceux qui ne voient dans l’économie sociale qu’une occasion de créer artificiellement des emplois subsidiés dans des entreprises subsidiées, le MR en a une vision large et dynamique. 

Certes, le volet «emploi» n’est pas négligeable car ces PME et TPE ont un ancrage bruxellois et occupent généralement une main d’œuvre locale. Mais leur objectif n’est tout de même pas de créer des emplois subsidiés. Elles doivent avant tout répondre à de réels besoins sociaux, et bénéficier d’aides adaptées permettant de préserver leur autonomie par rapport aux décideurs politiques.

Le MR a également formulé des propositions en ce sens au niveau régional:

- un subside de lancement non récurrent
- une participation en capital
- un subside en bonification d’intérêts
- une garantie financière
- une assistance à la gestion

Cependant, c’est au niveau communal que l’on peut initier des applications qui répondent à des besoins locaux, que ce soit en matière d’aide aux personnes, de protection de l’environnement, de sécurité, d’activités culturelles…

Soumettre au débat pour récolter exemples (ex:PME de repassage)

3. Classes moyennes

- Créer un contexte urbain favorable aux commerces: les Plans communaux de  développement doivent bien entendu en tenir compte de la fonction commerciale.

 - Créer un observatoire du commercesur une base normalisée, appliquée par l’ensemble des communes bruxelloises qui devrait permettre de mieux structurer l’offre commerciale dans la commune (voir ce qui manque, ce qui est complémentaire,…pour créer des noyaux attractifs). Tenir par la même occasion un inventaire des espaces vides (et si possible les valoriser, par ex. par une exposition locale…)

- Accessibilité, mobilité, parkings: les commerces sont autant – sinon davantage- concernés que les entreprises. Avec des particularités, notamment pour les livraisons, le tarif des parcmètres qui devrait être systématiquement progressif, avec une part de gratuité (ex: 10 premières minutes), la signalisation des parkings,…et celles des commerces bien sûr.

- la propreté et l’environnement sont aussi essentiels. Par exemple c’est peut-être un détail mais mieux vaut réagir rapidement aux graffitis qui donnent rapidement une mauvaise image du noyau. Prévoir assez de poubelles, et les vider!

- Veiller à la sécurité ne doit pas uniquement viser le risque de délinquance. Il faut aussi être attentif au sentiment de sécurité (ex: bureau de police transparent à la sortie du métro dans les galeries commerçantes de Stockel Square, réalisation d’un «plan lumière»). Maintenir les trottoirs en bon état fait aussi partie de la sécurité.

- Veiller à l’esthétisme des enseignes, des publicités, du mobilier urbain, des points verts,…

 - Action intégrée dans les noyaux commerciaux

- animations commerciales

- Soirées d’information (statut des indépendants, ouvrir son commerce,…)

- développer la concertation avec les commerçants, notamment lors de travaux publics (inventaire des nuisances, plan de circulation provisoire, indication de l’accès aux commerces, mesures «chantiers propres», rencontres régulières, état d’avancement des travaux,…)

4. Emploi et formation

4.1. Un «Plan communal de l’emploi et de l’économie» devrait permettre dans chaque commune d’articuler les divers outils en vue de poursuivre une stratégie adaptée à chaque situation.  La réalisation de ce plan devrait faire l’objet d’une évaluation permanente.   

4.2.  Une «Maison de l’emploi» par commune

Le MR considère que toutes les communes devraient disposer d’un service emploi  et d’une concertation entre tous les opérateurs actifs sur son territoire ( Mission Locale, ALE, Antenne Orbem, Centre de recherche active, initiatives privées etc).

Ces services doivent être regroupés dans des Maisons qui sont également le lieu de pointage. Elles devraient aussi permettre de réaliser des économies d’échelle sur le plan administratif pour pouvoir consacrer davantage de temps et d’énergie à l’accompagnement proprement dit et à la rencontre des employeurs locaux.

Le M.R. plaide également pour que le rôle des missions locales soit mieux reconnu au travers d’une ordonnance régionale.

4.3 Une participation active aux «plates-formes pour l’emploi»

Ce projet  mené sous l’égide de l’Orbem traîne. Il semble que chacun aime gérer sa propre banque de données, plutôt que de participer à une seule banque. Or, ici aussi il y aurait intérêt à réaliser des économies d’échelle pour consacrer davantage de temps à «l’activation»!

4.4 Des actions spécifiques

Plusieurs actions sont possibles au niveau communal, selon les cas : bourses d’emploi, actions de parrainages de demandeurs d’emploi, visites d’entreprises locales pour les jeunes, informations spécifiques dans les écoles sur le marché de l’emploi, les formations complémentaires, les «fonctions critiques», les aides à l’embauche, les aides à la création d’entreprises, organiser des familiarisations avec les nouvelles technologies de l’information,…

4.5 Des missions locales dynamiques

Le M.R. plaide également pour que le rôle des missions locales soit mieux reconnu au travers d’une ordonnance régionale.

4.6 Faciliter le recrutement de Bruxelloises et de Bruxellois dans le service public.

Certes la liberté de résidence des travailleurs est un principe sain, mais le MR doit toutefois constater qu’actuellement nombre d’administrations locales ne se donnent pas la peine d’informer les demandeurs d’emploi de leur commune quand des postes s’ouvrent. Pour certains nouveaux emplois locaux (ex: gardiens de parc), le fait d’habiter la commune est un critère objectif de recrutement (moins de déplacements, bonne connaissance du quartier, etc) 

4.7 Encourager la formation

Plusieurs communes ont un réseau scolaire. D’autres communes, et des CPAS, soutiennent des centres de formation professionnelle ou en alternance. En contact avec les chômeurs locaux, puisque les communes doivent organiser le pointage et disposent de services actifs dans l’emploi, elles devraient également promouvoir, notamment par l’information, la recherche de qualification à commencer par une bonne connaissance des langues nationales.

Par ailleurs le M.R. considère qu’elles peuvent prendre un rôle plus actif en concertation avec le secteur non marchand et ce au travers des programmes de transition professionnelle, d’une gestion dynamique des articles 60, des ateliers de formation par le travail etc.

En conclusion, le Mouvement Réformateur veut des communes attentives au problème de développement économique et d’emploi.  Le M.R. plaide pour l’élaboration de Plans Communaux pour l’Emploi à l’instar de celui qui existe à Schaerbeek et qui s’inscrive dans une cohérence régionale. A cet égard, il est temps que la Région reconnaisse l’implication communale dans ce secteur.

 

 
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