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La qualité de vie : une exigence citoyenne

Présidente : Cécile JODOGNE
Rapporteurs : Marion LEMESRE et Anne-Marie VANPEVENAGE

La qualité et la valorisation des espaces publics, des espaces verts, du patrimoine et des fonctions urbaines sont les premiers facteurs urbanistiques favorisant la qualité du cadre de vie et, dès lors, l'attractivité de la commune.

La fonction de l'habitat à elle seule ne peut "construire la ville": la ville n'est ville que parce qu'elle est mixte. Un équilibre entre le logement et les activités économiques, culturelles et sociales, fonctions intrinsèques à la ville, doit être trouvé.

D'autres facteurs, par contre, menacent la qualité de la vie en ville et donc son attractivité : les freins à la mobilité, la malpropreté et les nuisances sonores, principalement.

Pour répondre à ces nombreux défis, une politique urbanistique cohérente doit être mise en place par les Pouvoirs publics. Pour cela, ils disposent de différents outils réglementaires et d'enveloppes budgétaires plus ou moins importantes au sein desquels des choix doivent être faits. Pour guider ces choix, ils doivent aussi réaliser une planification des objectifs à atteindre et des moyens dont ils disposent pour y parvenir.

Une politique urbanistique cohérente et porteuse de qualité favorise une image positive de la Région et des communes, élément important pour leur attractivité résidentielle et socio-économique. Elle valorise également le patrimoine immobilier, public comme privé, incitant ainsi les investissements privés.


A. Les atouts

1° L'espace public

Les espaces publics sont des lieux d'activités et plus seulement des espaces de circulation. Dans la ville, ils constituent des lieux de rencontre et de convivialité, des lieux aux ambiances diversifiées, propres à chaque commune, à chaque quartier.

Un espace public doit vivre: animations diverses (braderies, fêtes de quartier,…), bacs fleuris, décorations de fin d'année, autant d'évènements qui rendent les espaces publics conviviaux, propres à développer une dynamique positive et valorisante d'un quartier ou d'une commune.

Un espace public de qualité, pensé pour et avec les habitants, entraîne une (ré)appropriation de cet espace par ses riverains, un meilleur respect et une convivialité accrue. C'est bien souvent un préalable à l'amélioration de ce qui délimite l'espace public: les façades ou clôtures des propriétés privées. L'environnement bâti devra faire l'objet de toutes les attentions autour des places publiques.

Il s'agit bien d'embellir le paysage urbain, de valoriser ses ambiances diversifiées et, plus que d'éviter la banalisation et la standardisation des espaces publics, leur assurer au contraire une identité propre.

L'aménagement des espaces publics est une priorité des Pouvoirs publics pour la qualité du cadre de vie. Il détermine l'image d'un quartier et d'une commune, mais aussi l'attitude des personnes qui le vivent.

Cet aménagement doit rencontrer quelques principes :

• trouver l'équilibre entre les différents modes de déplacement (piétons, cyclistes, clients des transports en commun, automobilistes);
• être modulé en fonction du tissu urbain et du tissu social entourant l'espace public concerné, par exemple, une attention particulière doit être prêtée aux noyaux commerciaux;
• être lisible et compréhensible, incitant clairement les citoyens à l'attitude adéquate;
• utiliser des matériaux de qualité (résistance et durabilité)
• être esthétique, valorisant l'environnement bâti et présentant des œuvres d'art;
• permettre le déplacement aisé des personnes à mobilité réduite.

Les Pouvoirs publics doivent adopter une "charte des espaces publics", reprenant les principes généraux d'aménagement et garantissant une certaine cohérence entre les différentes entités. Le "Manuel des espaces publics" pourrait, à cet effet, être réactualiser en y ajoutant les apports du RRU, du principe des itinéraires cyclables,…

Le mobilier urbain que l'on place dans les espaces publics participent fortement à leur image. Un mobilier de qualité est fonctionnel et esthétique. Cela concerne tant le revêtement de sol, l'éclairage public, les plantations et le mobilier (poubelles, bancs) que la signalisation directionnelle et touristique, les enseignes et la publicité.

Le rôle de l'éclairage public est plus large que le seul éclairage des voiries: il s'agit aussi de diminuer le sentiment d'insécurité, de valoriser le paysage nocturne, d'exprimer des ambiances différentes et mettre en valeur le patrimoine par des illuminations adéquates. L'éclairage fonctionnel, prioritairement pensé pour la circulation automobile, ne doit plus être utilisé en ville. Chaque commune doit se doter d’un « plan lumière ».

Des poubelles en nombre suffisant, bien placées (à proximité des lieux fort fréquentés…) et régulièrement vidées, participent à la lutte contre la malpropreté; des bancs contribuent à la convivialité des espaces publics et facilitent le déplacement des personnes à mobilité réduite.

Les enseignes et la publicité font partie du "décor" des espaces publics, mais une trop forte présence (en taille, en nombre) dégrade l'espace public: il s'efface devant les images qui attirent toute l'attention sur elles. En ce domaine, une application stricte du Règlement régional d'urbanisme permet de limiter les excès, sans pour autant supprimer enseignes et publicité.

Les espaces publics, ce n'est donc pas seulement une affaire de grands travaux.

Il est indispensable d'établir un programme d'entretien à long terme; et la gestion quotidienne est capitale: propreté, respect des réglementations (en matière de stationnement sauvage, d'occupation des trottoirs,…), coordination des chantiers, coopération avec différents services communaux ou régionaux.

La multiplication des chantiers sur les voies publiques (intercommunales, entreprises de télécommunication,…) constitue une problématique bien réelle. Les communes doivent avoir la capacité de gérer et de limiter les ouvertures de voirie. Le règlement communal "chantiers" mis au point par l’Association de la Ville et des Communes de la Région de Bruxelles-Capitale constitue un excellent point de référence. Chaque commune est vivement encouragée à élaborer son propre règlement relatif à la coordination et à l’organisation des chantiers en voie publique.

2° Les espaces verts

Le rôle des espaces verts et de la verdure en ville est multiple: biologique et écologique, social, paysager, esthétique.

La fonction biologique est principalement assurée par les espaces verts "semi-naturels" et les corridors verts, comme les talus de chemin de fer; la fonction écologique est remplie aussi bien par ces derniers que par les parcs, les jardins, les plantations en voirie, les arbres isolés.
Egalement en matière de perméabilité des sols, si importante pour éviter les inondations et les mouvements du sol, l'ensemble des espaces verts, y compris les intérieurs d'îlot, est capital.

La fonction sociale des espaces verts est surtout importante dans les quartiers très densément bâtis: ce sont alors souvent les seuls lieux de promenade, de délassement, de rencontres et de convivialité.
Leur fonction est, particulièrement là aussi, paysagère: ils constituent des respirations, des échappées visuelles indispensables.

Ici aussi, comme pour les espaces publics, les espaces verts communaux doivent faire l'objet d'une gestion quotidienne attentive, surtout en matière de propreté.

Quelques principes doivent guider la politique des espaces verts :

• une protection accrue des espaces verts existants (publics et privés), en ce compris les espaces de sport et de loisirs de plein air, notamment dans les cadres légaux de la protection du patrimoine et du code de la nature, mais aussi via les plans urbanistiques (PCD, PPAS, règlements zonés);
• la création de nouveaux espaces verts à vocation sociale dans les communes de la première couronne;
• une gestion différenciée et écologique des espèces végétales, tant dans les parcs qu'en voirie, ainsi qu'une gestion quotidienne d'entretien, surtout en matière de propreté ;
• l'installation de plaines de jeux et d'équipements sportifs de proximité pour les jeunes;
• la mise en place d'équipes de gardiens de parc adéquatement formés contribue à la convivialité et à la sécurité des espaces verts;
• l'aménagement d'"espaces canins" dans les parcs suffisamment grands.

La plantation des arbres d'alignement doit faire l'objet d'une approche différenciée, tant dans le choix des essences que dans l'entretien, notamment en fonction des caractéristiques de la voirie.

La protection des intérieurs d'îlot et des zones de recul est également un axe important dans la valorisation du cadre de vie: les intérieurs d'îlot sont d'ailleurs souvent un facteur déterminant dans le choix d'un logement. Dans les quartiers denses, intérieurs d'îlot et zones de recul représentent des oasis de verdure très appréciés et appréciables. Les communes doivent veiller à ne pas renforcer une densification du bâti, à protéger la végétation existante et à encourager toute mesure qui en améliore la verdurisation.

Le principe régional du maillage vert – c'est-à-dire l'interconnexion des espaces verts par des liaisons vertes linéaires, afin de maximiser la composante verte et en promouvoir la continuité - devrait être mis en œuvre également au niveau communal. Cela concernera bien sûr les plantations en voirie, mais aussi l'encouragement et la valorisation des interventions privées en façade (jardinières et bacs, plantes grimpantes) et en intérieur d'îlot (jardins "refuge naturel", toitures plates plantées, plantes grimpantes).

3° Le patrimoine

Qu'il soit architectural, urbanistique ou vert, qu'il concerne un immeuble, un monument, un arbre ou un ensemble, un site, un parc, le patrimoine urbain participe fortement à la qualité du cadre de vie.
De plus, outre cette valeur d'attraction résidentielle, le patrimoine bien valorisé représente aussi un facteur d'attraction culturelle et touristique.

Trois axes sont importants pour en garantir la conservation:
• la connaissance du patrimoine par des inventaires, des relevés, des études, des publications pour le grand public, l'organisation de promenades-découverte;
• la protection juridique et réglementaire (classement et liste de sauvegarde, PPAS, règlements particuliers, zone de protection);
• la mise en valeur (rénovation et réaffectation, mais aussi éclairage, signalisation).

Les communes possèdent également un pouvoir d'initiative pour proposer la protection légale de monuments ou sites; ce sont elles aussi qui décident de mettre en œuvre un PPAS ou un règlement zoné qui prendrait largement en considération le patrimoine. Mais les autres propositions sont importantes pour faire connaître, respecter et valoriser le patrimoine d'une commune.

Le travail d'inventaire déjà entamé par la Région bruxelloise doit être finalisé et utilisé dans le cadre de la politique urbanistique et patrimoniale afin de préserver la qualité architecturale et paysagère des communes. Cet inventaire doit acquérir sa valeur légale afin non seulement de lui donner toute sa valeur, mais aussi d'alléger les procédures de permis d'urbanisme (disparition de la disposition transitoire relative aux immeubles datant d'avant 1932).

Dans l'environnement souvent densément bâti de la Région bruxelloise, il faut également porter une attention particulière au petit patrimoine. C'est lui qui fait la richesse et la diversité de nos rues: les balcons, les sgraffites, les portes, les châssis,… Les mêmes mesures de valorisation que pour le patrimoine bâti et vert doivent être appliquées (inventaires, informations, primes,…).

Dans la mesure du possible et sans que cela ne fige les adaptations nécessaires à la vie quotidienne, la sensibilisation au patrimoine doit aussi concerner les intérieurs des immeubles et maisons particulières, outre bien sûr ceux qui sont déjà protégés.

Enfin, l'architecture contemporaine doit aussi avoir sa place dans notre cadre de vie: c'est l'expression architecturale de notre époque et elle pourra faire partie du patrimoine de demain. Mais comment insérer l’architecture contemporaine dans le tissu urbain ?

Bâtir dans la ville, c’est toujours mettre du nouveau dans un environnement existant et plus ancien (à l’exception notable de certaines zones à (ré)urbaniser).
Le défi des architectes aujourd’hui, c’est d’avoir l’audace de la contemporanéité, la volonté d’être actuel, sans la légitimité du passé historique.
Bâtir dans la ville implique de travailler avec des contraintes. Certaines règles doivent constituer le cadre de ces contraintes nécessaires : respect de gabarit et d’alignement principalement, adéquation au contexte urbain, à la réalité du quartier. Mais on devrait peut-être aussi parallèlement inciter à refuser les pastiches, le « faux-vieux », le façadisme, attitudes stériles et insignifiantes !

Quelques pistes

Les concours d’architecture
Que ce soit dans des zones à urbaniser ou dans le tissu existant, le principe des concours d’architecture doit être plus souvent mis en œuvre. Les autorités publiques devraient y avoir recours plus systématiquement lorsqu’elles sont maître d’ouvrage. Mais pourquoi ne pas aussi l’encourager auprès des promoteurs privés dès qu’il s’agit d’un projet d’une certaine ampleur ?

L’ouverture et l’écoute dans l’analyse des demandes de permis
Les administrations communales et régionale ont également une responsabilité lors de l’analyse et de la délivrance des permis d’urbanisme. La qualité des projets, leur personnalité (ou insignifiance), leur adéquation au contexte urbain, sont des éléments qui nécessitent attention et écoute.

La multiplication des actions de sensibilisation auprès du public
Le public commence doucement à s’intéresser à l’architecture contemporaine. Les médias jouent un rôle important à cet égard. Mais les pouvoirs publics et surtout les architectes eux-mêmes doivent s’impliquer dans cet enjeu important pour la reconnaissance de leur art.

4° Le logement et la mixité: deux composantes essentielles de la ville

La ville vit par ses habitants et par les activités qui s'y déroulent. La ville sans activités multiples, c'est une banlieue dortoir, la ville sans habitants, c'est une ville sans âme.

La difficulté, c'est de trouver l'équilibre entre les différentes fonctions, entre les différents acteurs de la ville.

Le logement est un enjeu capital pour Bruxelles (sans jeu de mots !). Le défi que constitue la nécessité de permettre à chacun et chacune de trouver un toit décent et accessible mérite bien qu’un atelier lui soit consacré.

Rappelons donc ici seulement quelques principes qui sont garants d’une ville humaine où chacun trouve sa place pour y habiter, y travailler, s’y détendre.

Quelques principes:
• la protection du logement, notamment contre les bureaux clandestins dans les quartiers à forte valeur résidentielle;
• la présence d'un commerce diversifié et de proximité;
• le développement d'équipements de quartier;
• l'accueil d'activités économiques compatibles avec l'environnement urbain.

La protection de la fonction logement dans les quartiers résidentiels est importante. Dans les zones mixtes, il faut veiller à ce que la proportion de la fonction administrative n'exclue pas l'habitat.
La qualité de la vie en ville passe aussi par la proximité de différents services et fonctions, tels que le commerce, les équipements scolaires, culturels, sociaux (crèches, cabinets médicaux, services sociaux divers,…), les activités économiques et de loisirs (infrastructures sportives, …), …

Bien sûr, l'équilibre entre les différentes fonctions est fragile, car les attentes et besoins sont souvent contradictoires et évolutifs. Il est indispensable de penser la répartition de ces fonctions urbaines dans la Région et les communes selon les différents quartiers et leur fonctionnement et ambiance particulier. Une étude approfondie des quartiers (type de population, caractéristiques urbanistiques, présence ou non des équipements, fréquentation de ceux-ci et adéquation avec la population présente, attractivité par rapport aux quartiers voisins, nuisances éventuelles…) permet de déceler les atouts et les faiblesses et ainsi pratiquer une politique adaptée. Le Plan communal de Développement est l'outil de planification adéquat pour cette approche.

B. Les défis

1° La mobilité

Un des grands défis de la qualité de vie en ville, c’est de pouvoir s’y déplacer. Cet enjeu majeur fait l’objet d’un atelier spécifique.

2° La propreté

Pour ce qui concerne le cadre de vie, la propreté des espaces publics, des voiries et des espaces verts est une des préoccupations majeures de la population. En ce domaine, la commune est en première ligne !

• La politique de la propreté peut se baser sur différents axes.
• Les interventions communales directes
• Le partenariat avec l'Agence Bruxelles-Propreté
• La prévention
• La répression
• Le plan déchets

3° Les équipes communales de propreté

Mettre en œuvre systématiquement la pratique du balayage "de façade à façade" (et non plus seulement le balayage du filet d'eau);
Placer en nombre et aux endroits stratégiques (places, écoles, rues commerçantes,…) les poubelles urbaines et les vider régulièrement;
Diviser le territoire communal en zones affectées à une équipe attitrée;
Constituer des équipes volantes d'intervention, en renfort ou en urgence, en fonction d'évènements récurrents (marchés) ou ponctuels (braderies, fêtes de quartier, …);
Etablir des horaires de travail du lundi au samedi dans les quartiers commerçants ou lieux de grande fréquentation les week-ends;
Réclamer les moyens pour un personnel suffisant, bien équipé et bien formé.

4° Développer le partenariat avec l'Agence Bruxelles – Propreté


L'Agence Bruxelles – Propreté dispose d'un budget supplémentaire important pour aider les communes dans leurs efforts en matière de propreté publique (141 millions en 2000). Elle peut également conclure un "contrat de propreté" avec chaque commune, lui apportant des subsides supplémentaires. Ce plan précisera:
• les objectifs à atteindre en matière de propreté publique
• les moyens humains et matériels à mettre en oeuvre
• les infrastructures à mettre en place (corbeilles urbaines, canisites, bulles à verre, déchetterie,…).
• les modalités et zones d’intervention des services respectifs
• une différentiation des interventions en fonction des spécificités des quartiers (commerçant, résidentiel, avec des écoles,…)
• la gestion du nettoyage à l’occasion d’événements particuliers
• les modalités de participation aux campagnes de communication et à un système de gestion centralisée des plaintes
• les modalités du suivi et du contrôle de l’exécution des contrats
• l’affectation des crédits régionaux

5° La prévention : la sensibilisation

La prévention est un élément important pour une politique de la propreté à moyen et long terme. Elle doit accompagner la gestion quotidienne et la répression des infractions. Cette politique de prévention peut se réaliser de différentes manières: campagne de propreté par quartier (opération "nettoyage de printemps" avec publicité et sollicitation des habitants pour y participer), affiches dans les lieux sensibles, information dans les écoles, …

6° La répression: la police de l'environnement et les amendes administratives

Une équipe "police de l'environnement" au sein de la police de proximité est souhaitable. Elle doit être formée aux différentes réglementations relatives à la propreté, mais aussi au bruit et à toutes les autres atteintes au cadre de vie. Dans certains cas, elle peut être le relais vers des services communaux plus compétents.

La commune a également la faculté d'instaurer et d'appliquer une taxe sur le nettoyage de la voie publique par l'administration communale suite aux dépôts ou à l'abandon de déchets de toute nature.

7° Les déchets

En ce qui concerne les déchets ménagers, la commune n'intervient pas. Néanmoins, les ménages sont aussi amenés à se débarrasser de matériaux non collectés ou d'encombrants. Une déchetterie communale (gratuite pour les particuliers et pour un volume fixé) est souvent alors un précieux outil qui doit permettre d'éviter les dépôts clandestins.
De même, des initiatives pour le broyage des branches ou pour le compostage favorisent une diminution des déchets verts.

La commune doit également jouer un rôle moteur direct (primes, mise à disposition de matériel,…) ou indirect (information) dans une politique de diminution des déchets et d'encouragement du tri sélectif. En cette matière, le plan régional de prévention et de gestion des déchets initié par l'IBGE trace la voie pour une politique communale responsable et dynamique.

Sa propre gestion des achats (papier recyclé, produits respectueux de l'environnement,…) et des déchets (récupération du papier, des cartouches d'encre,…) contribuent à une politique active de respect de l'environnement.

8° Les nuisances sonores

La réduction et la limitation de la pollution sonore ne peuvent que s’inscrire dans une politique d’amélioration de la qualité de la vie pour tous ceux qui résident à Bruxelles: le bruit est en effet un des facteurs négatifs les plus souvent cités pour expliquer la dégradation de la qualité de vie en ville.
Cette problématique engendre des situations extrêmement conflictuelles, où l’agression par le bruit est souvent ressentie à un très haut niveau du point de vue individuel.

La Région bruxelloise et les communes ne peuvent agir sur l’ensemble de la problématique, mais ont néanmoins prise sur la réduction du bruit par différentes mesures.
La première mesure concerne plutôt la diminution de la perception du bruit, de manière préventive, en encourageant, voir en imposant des normes d’isolation acoustique dans les nouvelles constructions à l’occasion de la délivrance de permis de bâtir.
Les études ou rapports d’incidences doivent également prendre en considération ces préoccupations et proposer des mesures d'isolation dans les conditions d’obtention des permis d'environnement.

Deuxièmement, dans le cadre d'une politique de réduction des nuisances sonores, les permis d'environnement doivent systématiquement intégrer cette problématique et imposer des conditions d'exploitation qui permettent de minimiser au maximum les incidences bruit de l'activité concernée (notamment lorsqu’il y a utilisation d’extracteurs, de climatiseurs,…).

Pour les polices communales et les services de l’environnement confrontés aux nuisances sonores, il y a lieu de favoriser la création ou le renforcement de cellules de lutte contre le bruit, au travers de la formation spécifique d’agents et de l'équipement en matériel acoustique adéquat. Comme pour le non-respect de la propreté, l'application des amendes administratives par des agents habilités doit inciter les différents acteurs de la ville à ne pas dépasser les limites tolérables en matière de bruit. Pour les troubles de voisinage, c'est l'instrument principal de lutte contre le bruit intempestif!

C. Les moyens d'une politique urbanistique volontariste

La cohérence de la politique du cadre de vie: les outils de planification et de réglementations

La Région et les communes bruxelloises ont la possibilité de mener une politique urbanistique et environnementale forte afin d'influer sur le cadre de vie de ses habitants: l'urbanisme, c'est le bon aménagement de la ville au bénéfice de l'ensemble de ses usagers. La difficulté est de concilier les attentes légitimes, mais parfois contradictoires, de chacun d'eux: les habitants et les acteurs économiques, les jeunes et les personnes âgées, les piétons et les automobilistes,… Il faut concilier les activités diverses qui font la ville et, en partie en tout cas la qualité de la vie en ville, avec la fonction résidentielle.

C'est au niveau des communes que se concrétise la politique urbanistique, à leur niveau aussi que les citoyens la vivent, à elles qu'ils s'adressent pour une autorisation ou pour tout ce qui les interpelle.
Cette politique doit bien sûr s'intégrer dans le cadre réglementaire instauré par la Région bruxelloise, mais chaque commune gagne à mettre l'accent sur la protection et la valorisation de ses atouts et la correction de ses faiblesses.

Cet objectif se traduira notamment par :
• les plans et règlements communaux qu'elle initiera et mettra en œuvre;
• par les programmes de rénovation urbaine;
• par la gestion des permis d'urbanisme et d'environnement;
• par l'adhésion et la participation des habitants à cette politique.

Si la gestion des permis d'urbanisme et d'environnement relève des missions quotidiennes et obligatoires du service de l'urbanisme et de l'environnement, l'élaboration du Plan communal de Développement, de Plans particuliers d'Affectation du Sol ou d'autres règlements zonés, la participation aux programmes de rénovation urbaine, constituent les éléments d'une politique urbanistique volontariste, capable d'améliorer le cadre de vie des habitants.

Les plans et règlements communaux

Le Plan communal de Développement: vu les domaines qu'il doit prendre en considération et pour lequel il doit faire des propositions, il s'agit bien du programme politique du collège échevinal pour la législature en cours.

Les plans particuliers d'affectation du sol: ce sont eux qui permettent aux communes de prendre des mesures spécifiques d'aménagement pour une partie de leur territoire. Les motifs d'élaboration concernent les affectations, mais peuvent aussi prendre en considération les gabarits, la protection du patrimoine,….

Les règlements doivent s'inscrire dans les principes des règlements régionaux, mais ils peuvent être plus précis ou plus strictes. Ce sont des outils qui peuvent donc permettre de renforcer ou de particulariser un aspect de la politique urbanistique et environnementale. Enfin, ils peuvent concerner une partie seulement du territoire communal (règlement zoné) et différencier ainsi la politique urbanistique en fonction des quartiers.

Une nécessité: la rénovation urbaine

La lutte contre les immeubles et les terrains à l'abandon (prévention, taxation, expropriation, réaménagement provisoire, rénovation publique, réaffectation en logement, espace vert ou zone de repos et de loisirs,…) constitue une des priorités de la rénovation urbaine. Outre l’évidente nécessité de remettre sur le marché des logements et des activités diverses, les immeubles et terrains à l’abandon contribuent beaucoup au sentiment d’insécurité et de malpropreté. Une politique de lutte est donc indispensable.

En matière de rénovation urbaine, les communes les plus fragilisées bénéficient de plusieurs programmes subsidiés régionaux (les contrats de quartier), fédéraux (contrats de sécurité et de société, volet renouveau urbain en particulier, fonds pour la politique des grandes villes), et européens ("Objectif 2").
Les communes concernées doivent s'inscrire de façon dynamique et participative dans ces différents programmes. Mais il faut que ces programmes offrent également la possibilité d'engager du personnel complémentaire pour suivre l'élaboration puis la réalisation des actions prévues: c'est une condition sine qua non à leur réussite.

Le soutien aux initiatives privées de rénovation et d'embellissement fait également partie d'une politique d'amélioration du cadre de vie. Primes diverses, information et conseil doivent être pratiqués au niveau communal.

Les zones d’intérêt régional

Il reste quelques grandes zones à urbaniser en région bruxelloise. Elles font partie des 14 « zones d’intérêt régional », en abrégé les « ZIR ». Pour certaines d’entre elles, le Gouvernement bruxellois a déjà pris un arrêté déterminant les grandes lignes des projets à venir.
L’enjeu y est parfois la création de tout un nouveau quartier (Gare de l’Ouest, Héliport, Josaphat,…). Ces zones doivent réussir le pari de « se greffer » dans le tissu urbain, mais également de se créer une identité qui permettent l’appropriation de chacun de ces nouveaux quartiers par les habitants, les personnes qui viendront y travailler, s’y détendre…

Quelques principes peuvent être mis en avant, principes qui pourraient apporter les atouts nécessaires à la réussite de ce défi :
• création d’une structure urbaine,
• instauration d’une mixité de fonctions, mais avec une priorité au logement
• choix d’une architecture contemporaine, audacieuse, mais juste, en adéquation avec son temps.

Enfin, ces projets, souvent d’une grande ampleur, doivent faire l’objet d’une concertation avec l’ensemble des acteurs concernés : riverains, communes, acteurs économiques et sociaux,… De vrais débats doivent s’organiser et permettre de dégager les enjeux, les priorités et les attentes principales.

Au quotidien: les permis d'urbanisme et d'environnement
La gestion quotidienne des services communaux d'urbanisme et d'environnement consiste dans le traitement des demandes de permis et le contrôle de leur application. Il faut donner à ces services les moyens d'une gestion moderne et efficace: équipement informatique performant (base de données, cartographie, liaison Internet avec les services régionaux).
Enfin, la tenue des enquêtes publiques et des commissions de concertation est un élément capital pour informer, expliquer et tenir compte de l'avis des habitants et des demandeurs.

Une politique pour l'information et la participation du citoyen

Outre les commissions de concertation, la commune doit veiller à informer et faire participer ses habitants à tous les grands enjeux de son devenir urbanistiques et aux décisions plus locales qui concernent leur quartier. Les outils d'une telle politique sont multiples et divers: comités d'accompagnement des études et des programmes de rénovation rassemblant les forces vives de la commune ou du quartier concerné, commission consultative de l'environnement et de l'aménagement du territoire, réunions d'information dans les quartiers, toutes-boîtes, utilisation du journal communal,…
Plus que des règles encore souvent trop contraignantes et compliquées, des procédures longues et ardues, ce sont des dialogues confrontant les avis et intérêts de chaque acteur urbain qui doivent permettre l’émergence de projets répondant le mieux à l’intérêt général, des projets dynamiques, facteurs de convivialité, de développement économiques et sociaux, des projets porteurs d’avenir.

La médiation de quartier et le relais vers la région

Bien souvent des tensions et des malaises surviennent dans la vie des quartiers. Petites incivilités, incompréhensions, absence de dialogue, méconnaissance des règles de bien vivre, non identification des responsabilités, méfiance envers l’autre… Autant de mauvaises raisons qui pourraient bien souvent se résoudre en parlant.
La Commune pourrait mettre en place des médiations de quartier. Cela pourrait être le lieu privilégié pour rappeler les règles de vie commune dans les quartiers.

Dans le même ordre d’idée, du côté cette fois des Pouvoirs Publics, il faut clarifier les responsabilités de chacun en terme de gestion des voiries, des chantiers, … Mais la commune doit dans tous les cas assurer le relais entre ses habitants et la Région.

D. La qualité de vie dans ma ville pour chacun d’entre nous !

La qualité et la valorisation des espaces publics, des espaces verts, du patrimoine et des fonctions urbaines, la qualité des logements, des infrastructures sociales, sportives ou culturelles, la diversité des activités économiques n’ont de sens que parce qu’elles permettent à chacun d’entre nous de bien vivre dans sa ville.

L’une des grandes difficultés de la qualité de la vie en ville est de pouvoir donner sa place à chacun, dans le respect de tous les habitants, qu’ils soient hommes ou femmes, jeunes ou vieux, belges ou étrangers, aisés ou en difficulté, piétons ou automobilistes,…

Certaines catégories des habitants sont plus vulnérables ou plus demandeurs et il convient de mettre en place une politique qui réponde à ses besoins plus spécifiques. Ou plutôt que les atouts et défis que l’on a développés plus haut soient analysés et développés en fonction de ces groupes de population.
La qualité de vie à travers le regard de l’habitant. C’est aussi sans doute une meilleure manière d’aborder avec chacun la responsabilité citoyenne pour la qualité de vie en ville !

Ainsi, par exemple :

Pour les enfants :
La qualité des espaces publics, tant dans l’aménagement des abords d’école que dans la création et l’entretien des plaines de jeux dans les parcs.
La multiplication des infrastructures d’accueil, tant pré-scolaires (crèches) que parascolaires.
Une politique de sensibilisation à l’environnement et en particulier à la propreté

Pour les adolescents :
Des infrastructures sportives accessibles et bien entretenues
Des salles de quartier où ils peuvent se retrouver
Des transports en commun efficaces, y compris dans les communes plus éloignées du centre ville

Pour les seniors :
Des espaces publics bien entretenus (état des trottoirs, diminution des « obstacles » sur les trajets, …) et bien éclairés
Des infrastructures culturelles de proximité, dans chaque quartier, lieu de rencontre et de convivialité permettant de rompre un isolement trop souvent vécu
Des quartiers mixtes où les petits commerces pourront offrir tout ce dont ils peuvent avoir besoin

 


 

 
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