Investir dans l’école et la culture
Président : David Remy
Rapporteurs : Xavier BAESELEN et Caroline PERSOONS
Introduction :
Bien trop souvent laissés pour compte, l’enseignement et la culture méritent un investissement plus important des pouvoirs communaux. Cet investissement est essentiel afin d’une part de garantir à nos enfants une formation digne de ce nom, et d’autre part d’enrichir l’épanouissement de chacune et de chacun par le biais de la culture.
Au cours de nos deux réunions, nous avons réussi à dégager des propositions concrètes, pragmatiques, mais surtout très peu onéreuses.
En ce qui concerne l’enseignement
Introduction
L’enseignement constitue l’une des missions essentielles et prioritaires de l’Etat au sens large : un Etat qui n’éduque et ne forme pas ses jeunes est un Etat appelé à mourir !
Mais afin de déterminer les choix que nous devons faire, plusieurs questions sont à poser :
- Qu’attend-on de l’école pour nos enfants ?
- Doit-on revenir à un enseignement plus traditionnel ?
- Les élèves sont-ils capables, au sortir de l’école secondaire, de lire et d’écrire sans faute ? Comprennent-ils le sens des phrases et des textes qu’ils lisent ? Sont-ils capables de trouver une information, de faire une recherche ? Ont-ils un sens critique, même si ce sens sera plus particulièrement développé au cours des études supérieures et universitaires ?
Les élèves, citoyens de demain, ont-ils conscience de leurs droits et de leurs devoirs ?
Quelle discipline dans nos écoles ?
La valorisation du mérite est-elle à proscrire ?
L’égalitarisme sert-il l’enseignement ?
Voici les propositions visant à répondre à ces nombreuses questions.
1. L’environnement scolaire
? Le MR souligne l’importance pour un apprentissage d’un environnement de qualité, environnement qui doit être respecté par tous. À cette fin, les pouvoirs locaux se doivent de sensibiliser les établissements scolaires situés sur leur commune à la protection de l’environnement, et partant, à la propreté.
? La qualité de l’environnement concerne tant les bâtiments scolaires eux-mêmes que le matériel mis à disposition (matériel sensu stricto ou matériel didactique) :
- Au niveau des bâtiments scolaires
- Au niveau des moyens matériels
À nouveau, le pouvoir communal, soucieux de garantir un environnement de qualité, dispose en cette matière de possibilités d’action (une campagne de sensibilisation des élèves par exemple).
2. L’apprentissage
Que doit savoir un enfant à la sortie du primaire ? Un adolescent à la sortie du secondaire ? Ces questions ne sont malheureusement pas véritablement de la compétence communale mais elles méritent des initiatives autonomes des échevinats de l’enseignement. Ceux-ci peuvent en effet travailler à axer l’apprentissage sur les matières scolaires essentielles. Nous développerons ce point ci-après.
Les valeurs qui sous-tendent l’apprentissage et la méthodologie doivent être repensées.
- La discipline et la rigueur à l’école.
- La rigueur et le sens de l’effort doivent être mis en avant.
- L’acquisition des compétences nécessaires au passage de classe : la problématique du redoublement.
- L’aide aux élèves en difficulté.
- L’optimalisation du temps scolaire, du temps d’apprentissage.
Nous espérons qu’un dialogue avec les acteurs de l’enseignement sur le territoire communal puisse avoir lieu afin de développer ces thématiques et de les promouvoir.
Dans le même ordre d’idée, nous pourrions insister sur la nécessité de développer des outils pédagogiques relatifs à la citoyenneté et à son enseignement.
Il est également urgent qu’outre le respect des directives et réformes en matière d’enseignement, les différents acteurs mettent la priorité sur un niveau d’exigence minimum requis, et ce, quelque soit le milieu scolaire ou les paramètres socio-économiques qui différencient les écoles de notre région.
Dans ce cadre, le MR entend rappeler l’importance considérable de la lecture, de l’écriture, des mathématiques, mais surtout le MR entend réaffirmer son attachement à un apprentissage intensif des langues, et en particulier de la deuxième langue de notre pays.
Pour les cours de langues, nous désirons généraliser l’apprentissage en immersion. Cela signifie que les cours doivent être intégralement donnés dans la langue enseignée (exemple : des cours en néerlandais et non du néerlandais).
À cet égard, une volonté de plus en plus de parents existe pour que soit institué dans chaque commune un enseignement bilingue. Il s’agit ici d’un bilinguisme intégré permettant aux enfants d’être formés par des professeurs francophones et néerlandophones et ce, pour plusieurs matières scolaires.
Il est exact qu’à l’heure actuelle plusieurs facteurs tendent à ce type d’enseignement (les exigences linguistiques du marché de l’emploi ; Bruxelles, capitale bilingue de la Belgique ; l’ouverture des enfants à l’apprentissage d’autres langues ; etc.)
Bien entendu, cette forme d’enseignement pose quelques problèmes, notamment dans le domaine salarial puisque les salaires des professeurs des deux enseignements sont différents, mais ici encore les communes peuvent agir en insistant d’une part sur la nécessité de la mise en place de ce type d’enseignement dans au moins une école, mais en outre en dialoguant avec les différents acteurs pour les encourager à travailler dans un environnement bilingue.
Pour terminer, la commune pourrait aussi compenser la perte salariale des professeurs néerlandophones.
Mais déterminer les exigences n’est pas suffisant, faut-il encore s’assurer des résultats atteints. À cet égard, le MR insiste sur une évaluation extérieure et objective des compétences de base ainsi acquises. Cette évaluation extérieure et objective peut se faire par l’instauration des coordinateurs (ou inspecteurs) de l’enseignement. Il est important qu’un dialogue s’installe entre ces coordinateurs et les pouvoirs communaux afin de les éclairer sur les difficultés existantes et sur les moyens appropriés pour y remédier et ne pas laisser s’empirer la situation.
Le MR souligne également l’importance d’une juste et bonne orientation des élèves pour l’enseignement secondaire, pour l’enseignement professionnel, l’enseignement supérieur et universitaire. À cette fin, nous proposons que les échevinats de l’enseignement puissent organiser ou aider à l’organisation de journées d’informations et d’orientations destinées aux élèves.
3 Les Enseignants
Premiers acteurs de l’enseignement, les enseignants doivent bien entendu disposer d’une formation initiale, de base de qualité mais il est pour nous nécessaire d’exiger de leur part une formation continue. À cette fin, la commune peut avoir un rôle pro-actif en se faisant le relais et en promouvant les formations qui leur sont destinées et qui sont proposées par la communauté française ou par d’autres institutions.
Le MR entend que puisse être mise à profit, dans le cadre des formations continuées, l’expérience des inspecteurs.
N’oublions cependant pas le rôle du chef d’établissement, principalement par rapport à son équipe pédagogique, qui est la coordination pédagogique.
Il est fondamental que les pouvoirs communaux puissent dialoguer tout au cours de l’année académique avec les acteurs de l’enseignement mais également qu’ils puissent s’adjoindre l’aide de coordinateurs permettant d’aider les enseignants dans leur tâche et de rapporter à l’échevin de l’enseignement tout problème pouvant exister afin de les résoudre dans un laps de temps très bref.
4 Les Parents
Le dialogue avec les parents d’élèves est également essentiel. C’est la raison pour laquelle nous proposons que chaque commune puissent tenir au moins une réunions avec ceux-ci par an, pour leur faire rapport des actions menées mais aussi pour mettre à plat certains problèmes et les résoudre.
De cette manière les pouvoirs communaux répondront à la nécessité d’une confiance des parents dans l’institution scolaire. En outre, cela permettra d’instituer un droit légitime d’information et aux conseils pour ceux-ci.
5 Les directions d’école
Les directions croulent littéralement sous la charge administrative. Nous proposons que la commune leur procure une aide et diminue cette pression administrative, du moins pour ce qui est de sa compétence.
6 L’accueil extra-scolaire
? La question des rythmes et du temps scolaire.
? Le MR souscrit aux objectifs généraux et parfois généreux, du « décret accueil du temps libre ». Nous entendons cependant qu’une évaluation soit menée quant aux moyens financiers qui seront vraiment mis à disposition des communes
? Le MR se réjouit des déductibilités fiscales supplémentaires initiées par le ministre des Finances Didier Reynders.
? Ateliers parascolaires.
? Plans de déplacement vers des lieux centralisés pour l’accueil du temps libre des élèves.
? Un véritable statut pour les auxiliaires d’éducation.
« Oser la culture »
La culture permet à l’homme de se connaître, de se réaliser, de créer, de s’émerveiller, de communiquer, d’ouvrir son esprit et de critiquer. Elle est un facteur essentiel d’épanouissement et de socialisation. Elle renforce la participation des citoyens à la société, la qualité de la vie associative, la prévention des problèmes sociaux et de l’exclusion. Culture, démocratie et liberté sont intimement liées.
La culture revêt bien entendu un aspect de divertissement, de plaisir, d’épanouissement personnel mais elle revêt avant tout un aspect de formation et de travail. La culture, c’est un ensemble de connaissances, de valeurs morales, politiques, intellectuelles. La culture est facteur de citoyenneté. Il faut dès lors tout mettre en œuvre pour garantir un véritable accès de tous à la culture. Pour le MR, ce combat est aussi prioritaire que ne le fut celui pour l’enseignement obligatoire.
Les pouvoirs publics ont une mission essentielle à mener en matière culturelle, en favorisant le maximum de rencontres possibles entre les citoyens et les supports culturels les plus variés, en jetant des ponts entre les milieux artistiques et le public. Et pourtant, la politique culturelle est souvent le parent pauvre de nos pouvoirs publics. Pourquoi ? Par manque de moyens financiers, de volonté, de dynamisme, d’imagination tout simplement ? Notre arsenal législatif ne freine-t-il pas plus l’investissement culturel, la création qu’il ne les aide ? Comment améliorer les choses ? Nos artistes sont souvent les laisser pour compte de notre société. Quelle est leur place dans notre société, leur statut ?
En Belgique, la politique culturelle relève, de manière générale, des Communautés - française ou flamande - mais les communes disposent de toute liberté pour agir et promouvoir la culture. L’autonomie communale est donc totale mais force est de constater que la politique culturelle est souvent sacrifiée et les dépenses en ce domaine ramenées à portion congrue. Pourtant, c’est de façon très rapprochée qu’il faut pouvoir toucher les personnes qui sont en rupture de culture, en les associant très directement à un projet que l’on peut susciter un intérêt, voire un début de resocialisation, ou encore d’ouverture vers l’autre. La connaissance du terrain, l’identification des besoins et des objectifs à atteindre nécessite un engagement communal volontariste.
Pour pouvoir agir avec des moyens suffisants, la Communauté française Wallonie-Bruxelles et la Commission communautaire française doivent développer un maximum de synergies avec les communes bruxelloises. Dans une volonté d’ouverture, de démocratie et de solidarité francophones, les partenariats entre les communes bruxelloises et les associations culturelles francophones de la périphérie doivent s’amplifier.
Enfin, Bruxelles, capitale de l’Europe, grande métropole de langue française riche de mille cultures doit, grâce à des moyens financiers suffisants, faire vivre et dialoguer ces cultures sur le terrain local tout en veillant à promouvoir la langue française, langue de vie, de communication et d’échanges, de plus de 90% de la population.
De ces réflexions sont nées dix propositions denses qui doivent être déclinées selon les spécificités locales.
10 propositions
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Renforcer la présence de la Communauté française à Bruxelles dans les 19 communes et en périphérie notamment en dotant chaque commune bruxelloise d’un centre culturel reconnu par la Communauté française et en privilégiant l’animation et le fonctionnement des piliers de la politique culturelle communale que sont les bibliothèques et les académies ;
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Faire des dépenses culturelles des communes une dépense obligatoire et non plus de nature facultative, c’est à dire trop souvent les premières à être supprimées en cas de difficultés budgétaires
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Garantir l’accès à la culture à tous les citoyens entre autres en généralisant les systèmes de « billet unique », de « passeport culturel » ou d’abonnement pluriculturel qui, avec ou sans participation financière des pouvoirs publics, permettent de découvrir plusieurs lieux ou événements, en renforçant le mécanisme « article 27 » (accès aux lieux culturels à des prix planchers) et en développant des guichets « Arsène » d’achat centralisé de places de théâtre dans les communes;
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Défendre la place et le statut des artistes notamment en :
développant, au niveau communal, de lieux de création et d’exposition,
soutenant les jeunes talents, les nouveaux groupes musicaux…,
favorisant l’installation d’œuvres d’art dans les lieux publics,
développant des partenariats avec le secteur privé afin de multiplier les mécénats culturels et les lieux d’accueil de projets ;
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Mieux organiser les collaborations école-culture-sport. Comme il existe une journée sportive ou une journée entreprises, imaginer « une journée culturelle » pour tous les enfants des écoles, journée durant laquelle ils découvriraient les faces visible et cachée des lieux culturels (bibliothèques, centres culturel et communautaires, théâtres, cinémas,…) et rencontreraient les artistes de leur commune et d’ailleurs ;
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Utiliser au maximum le patrimoine local pour en faire un tremplin pour la connaissance culturelle (susciter l’intérêt pour les monuments et sites historiques proches mais aussi pour la qualité architecturale contemporaine) et développer des bureaux locaux de tournage ;
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Favoriser dans les échevinats de la culture l’engagement de « passeurs de culture » chargés de la connaissance et du dialogue interculturels en collaboration avec les institutions européennes présentes à Bruxelles ;
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Développer la mise en réseau des lieux culturels, prévoir une information à jour de toute l’offre culturelle de la commune sur le site web communal et développer l’accès à internet pour tous à partir des bibliothèques publiques par exemple ;
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Créer des « maisons » locales de la francité chargées de l’alphabétisation dans les communes et quartiers et revaloriser le métier d’écrivain public ;
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Veiller à l’accessibilité des lieux culturels pour les personnes moins valides et mettre en œuvre avec la STIB, la SNCB, un plan de mobilité à finalité culturelle en adaptant entre autres les horaires.
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